lundi

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Avant je tapais très fort dans mes mains. Je pleurais pour un rien. J'arrêtais les gens dans la rue pour leur demander si ils étaient heureux. Je me permettais de donner les réponses au suduko au p'tit vieux assis dans le métro à côté de moi. Je cherchais des stratégies, des raisons, le pourquoi du comment, un sens. Je vidais toute les boîtes de ma chambre en y cherchant ma mémoire. Je m'attardais sur des questions futiles. Faisait tout un tas de test à la con pour me rassurer. Ranger par couleur, trier. Je voulais être intéressante mais pas pédante. Je faisais des listes, des plans. Je stabilosais les jolies phrases dans les livres. Je dansais sous la pluie, courrais dans les champs, chantais devant le miroir. Je laissais mon journal intime trainer pour que maman le lise. J'idéalisais sur mon canapé, m'inventais une vie, enviais les filles à qui je ne ressemblerais jamais. Barrais la tête de clémence sur les photos. J'ordonnais mes frites, je rangeais le frigo, je classais les livres. Je m'acharnais sur un rubicube. Je mordais les gens, je parlais très fort. Je voulais qu'on se souvienne de moi quand je serais morte. Je voulais sauver les autres. J'observais les gens à la gare, dans le bus, en classe. Je cermentais papa sur la cigarette, je trempais mes lèvres dans les verres de rouge. Je voulais le même cahier que le monsieur dans amélie poulain. Je voulais innover, me différencier. J'en faisais trop ou pas assez. Je voulais être brune, châtain, rousse mais pas blonde.
Je voulais des tâches de rousseur partout sur la gueule.
en suspension